le moulin à paroles

Hé là-bas (Ôde aux casseur·euses)

Paroles des Canulars (Lyon), 2019


En mille sept cent quatre-vingt neuf,
Des gueux ont attaqué les keufs,
À coups de fourches et de bâtons,
Ils ont libéré la prison,

Et tous les 14 juillet,
Quand t’applaudis le défilé,
T’oublies de dire, j’me demande pourquoi,
Qu’ils ont coupé la tête au roi

Refrain :
Non non non x2,
C’est pas bien d’ casser x2
Sauf quand on x2,
Quand on a gagné x2

Pendant la guerre les maquisards,
Faisaient sauter les trains les gares,
Aujourd’hui tu leur rends hommage,
Toujours au passé c’est dommage,

Et quand aux monuments aux morts,
Tu les véneres tu les honores,
T’oublies de dire que les fascistes,
Les traitaient de terroristes,

Refrain

Mille neuf cent trois, les meufs anglaises,
Avaient osé c’est balèze,
Casser les vitres des entreprises,
Et foutre le feu aux églises,

Et quand pour les présidentielles,
Tu loues l’suffrage universel,
T’oublies de dire c’est pas normal,
Qu’c’est grâce à ça si c’est légal,

Refrain

Quand dans les manifestations,
On dépave les illusions,
Et qu’on balance des utopies,
À la gueule de la bourgeoisie,

En été quand tu vas bronzer,
Quand tes médocs sont remboursés,
T’oublies que grâce à cette violence,
T’as la sécu et tes vacances,

Refrain

Non non non
C’est pas bien d’casser
Et on va
Et on va gagner

Chant des marais

I
Loin vers l’infini s’étendent
De grands prés marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Refrain
Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher.

II<br/> Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert.

III
Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, et des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.

IV**
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira.
Liberté, liberté chérie
Je dirai : « Tu es à moi. »

Dernier refrain
Ô terre enfin libre
Où nous pourrons revivre,
Aimer, aimer.

Dernier refrain
Ô terre d’allégresse
Où nous pourrons sans cesse
Aimer, aimer

Hymne des femmes

Nous, qui sommes sans passé, les femmes,
Nous qui n’avons pas d’histoire,
Depuis la nuit des temps, les femmes,
Nous sommes le continent noir.

Refrain :
Debout femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout ! debout !

Asservies, humiliées, les femmes,
Achetées, vendues, violées,
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées.

Refrain

Seule dans notre malheur, les femmes,
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes,
Et de nos sœurs séparées.

Refrain

Reconnaissons-nous, les femmes,
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble on nous opprime, les femmes,
Ensemble révoltons-nous.

Refrain

Le temps de la colère, les femmes,
Notre temps est arrivé,
Connaissons notre force, les femmes,
Découvrons-nous des milliers.

Dernier refrain :
Levons-nous femmes esclaves
Et jouissons sans entrave
Debout, debout, debout !

Slogans RESF2017

Proposition de slogans de soutien aux réfugiéEs

Non, non, non, à la loi Macron
liberté de circulation, et d’installation

Un toit, une école, des papiers pour tous

So, so, so, solidarité
Avec les réfugiéEs, du monde entier !

Un logement pour tous ! La solution : réquisition

De l’air, de l’air : ouvrez les frontières !

ABROGATION de toutes les lois racistes
Solidarité internationaliste

C’est pas les sans papiers qu’il faut virer,
c’est le racisme et la précarité

Des familles à la rue, on n’en veut plus Des papiers pour tous, des logements pour tous !

Avançons à l'unisson

Inébranlables,
Infatigables
Avançons, avançons, avançons
Du monde en descente
Remontons la pente
Avançons à l’unisson


Sur nous ils spéculent
Ils rêvent qu’on recule
Avançons, avançons, avançons
Ils pensent qu’à leur gueule
Ils se croient tous seuls
Avançons à l’unisson


Tout le mond’ se couche
Dès qu’ils ouvr’ la bouche
Avançons, avançons, avançons
La justice détale
Et l’Etat s’étale
Avançons à l’unisson


Veulent nous encager
Pour tout diriger
Avançons, avançons, avançons
Ils dirigent c’est sûr
Tout droit dans le mur
Avançons à l’unisson


Pour pas s’écraser
On va tout freiner
Avançons, avançons, avançons
Et en s’écoutant
Reprendre le temps
Avançons à l’unisson


Nous on ne sait pas
Vraiment où on va
Avançons, avançons, avançons
Mais main dans la main
C’est un autr’ chemin
Avançons à l’unisson


Mais main dans la main
C’est un notr’ chemin
Avançons à l’unisson (ralentissant)

Estaca

Du temps où je n’étais qu’un gosse
Mon grand-père me disait souvent
Assis à l’ombre de son porche
En regardant passer le vent
Petit vois-tu ce pieu de bois
Auquel nous sommes tous enchaînés
Tant qu’il sera planté comme ça
Nous n’aurons pas la liberté

Mais si nous tirons tous, il tombera
Ca ne peut pas durer comme ça
Il faut qu’il tombe, tombe, tombe
Vois-tu comme il penche déjà
Si je tire fort il doit bouger
Et si tu tires à mes côtés
C’est sûr qu’il tombe, tombe, tombe
Et nous aurons la liberté

Petit ça fait déjà longtemps
Que je m’y écorche les mains
Et je me dis de temps en temps
Que je me suis battu pour rien
Il est toujours si grand si lourd
La force vient à me manquer
Je me demande si un jour
Nous aurons bien la liberté

Mais si nous…

Puis mon grand-père s’en est allé
Un vent mauvais l’a emporté
Et je reste seul sous le porche
En regardant jouer d’autres gosses
Dansant autour du vieux pieu noir
Où tant de mains se sont usées
Je chante des chansons d’espoir
Qui parlent de la liberté

Mais si nous…